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Immobilier. Comment Vancouver est devenu hors de prix

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Immobilier. Comment Vancouver est devenu hors de prix

Jadis considérée comme “la Mecque des gauchos et des hippies”, la plus grande ville de Colombie-Britannique est aujourd’hui trop chère pour ses habitants. Mais pas pour les expatriés chinois.

Régulièrement classé parmi les villes les plus agréables à vivre, Vancouver, sur la côte ouest du Canada, est sur le point de devenir une station balnéaire réservée aux ultrariches, constate The Guardian dans une longue enquête sur la flambée des prix de l’immobilier.

Pour le quotidien britannique, la principale raison de cette transformation est l’arrivée “massive et sans précédent” de capitaux chinois dans la plus grande ville de Colombie-Britannique.

Un pavillon à 5 millions de dollars

“Ce que nous avons ici, c’est un nombre considérable de personnes très aisées qui veulent se prémunir des incertitudes dans leur pays d’origine”, estime Thomas Davidoff, économiste de l’université de Colombie britannique, interrogé par le journal.

The Guardian donne aussi la parole à l’un des conseils en immobilier qui travaille avec ces nouveaux propriétaires, Sonny Wong. “J’ai parmi mes clients le propriétaire d’une usine d’élevage de poulets du sud de la Chine. Ses revenus pour l’année dernière se sont chiffrés à 100 millions de dollars (90 millions d’euros). Il n’est jamais allé à l’université. Tout ce qu’il voulait, c’est le bonheur de sa famille. Or que fait-on quand on arrive dans un nouveau pays ? On s’achète une maison et une voiture. Lui, il s’est payé un pavillon à 5 millions de dollars [4,5 millions d’euros] et une Maserati. C’était tout à fait dans ses moyens.”

Sonnette d’alarme

L’arrivée de ces nouveaux riches, favorisée par la politique migratoire du Canada, n’est pas restée sans conséquences pour les autochtones. Jadis considérée comme “la Mecque des gauchos et des hippies”, la ville est devenue trop chère pour sa classe moyenne, sans parler des plus démunis.

Et il a fallu du temps à ses responsables pour prendre la mesure du problème, estime The Guardian. Personne ne voulait être suspecté de racisme dans une ville connue pour sa tolérance et son ouverture aux autres. Paradoxe : 30 % de la population de Vancouver est d’origine asiatique. Au siècle dernier, de nombreux immigrés sont en effet venus de Chine continentale et, plus récemment, de Hong Kong.

Beaucoup d’entre eux ont fini par tirer la sonnette d’alarme. “Le problème, ce n’est pas que ces gens viennent de Chine, mais le fait qu’ils soient ultrariches”, estime Ian Young, blogueur très lu à Vancouver. Et prêts à dépenser des millions de dollars pour une maison en bord de mer qui en valait naguère quelques centaines de milliers.

Selon les dernières statistiques, en matière d’immobilier, Vancouver arrive en troisième place des villes les plus chères au monde, juste après Hong Kong et Sidney – et loin devant Londres.